Vous l’attendiez, la voilà. Tout juste disponible au téléchargement, la nouvelle version de Rufus entend bien faire la chasse aux contrariétés les plus tenaces de Windows 11, à savoir ses apps imposées par défaut et un parcours d’installation encore bien trop chargé.

Rufus permet désormais d’installer Windows 11 en silence et sans Copilot. © aileenchik / Shutterstock
Rufus permet désormais d’installer Windows 11 en silence et sans Copilot. © aileenchik / Shutterstock

Vous le savez, Rufus a toujours eu un petit faible pour les installations Windows moins dociles qu’envisagé par Microsoft, et c’est encore plus vrai dans sa dernière mise à jour. Désormais disponible en version 4.14 beta, l’utilitaire enrichit son arsenal de plusieurs fonctions très attendues, parmi lesquelles de nouveaux outils de debloating et un mode d’installation silencieuse qui offrent davantage de latitude au moment d’installer Windows 11.

Sus aux apps imposées par défaut et aux procédures d’installation fastidieuses

La première vraie nouveauté de cette version concerne donc la possibilité de désactiver plusieurs applications système intégrées à Windows 11, au moment même de créer un support d’installation. Parmi les bloatwares désormais dans le viseur de Rufus figurent notamment Teams, Outlook et… Copilot, que Microsoft continue de pousser dans Windows 11 malgré l’accueil très « mesuré » que l’assistant suscite encore chez une bonne partie des utilisateurs et utilisatrices.

L’autre nouveauté notable tient à la prise en charge d’un mode d’installation silencieuse de Windows 11, Rufus pouvant désormais préparer un support capable de repérer le premier disque disponible et d’y déployer le système sans demander de confirmation, et ainsi automatiser une procédure qui, jusque-là, supposait encore de valider manuellement plusieurs étapes.

Des évolutions plus techniques pour des usages plus ciblés

Le reste de la mise à jour s’adressera à un public plus averti, et son intérêt dépendra davantage des usages. Rufus ajoute ainsi une option permettant de copier le fichier SkuSiPolicy.p7b vers l’ESP au moment de l’installation, améliore la gestion limitée de l’extraction d’images UEFI El Torito, et affine la prise en charge de Bazzite comme de plusieurs dérivés de Fedora qui ne suivent pas les conventions EFI habituelles.

Le changelog mentionne aussi plusieurs correctifs plus ciblés, entre une meilleure détection des VHD cachés créés par Bitdefender, des erreurs potentielles corrigées lors de la création de supports Windows To Go, une gestion revue des comptes locaux dont le nom commence ou se termine par un espace, et quelques ajustements de confort comme l’ajout d’infobulles, des messages d’erreur plus clairs ou un libellé plus explicite pour la partition UEFI:NTFS pendant l’installation de Windows.

Rufus
  • Création rapide de supports de démarrage bootables.
  • Prise en charge de nombreux formats ISO.
  • Interface utilisateur simple et intuitive.
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Foire aux questionsContenu généré par l’IA
Qu’est-ce que le « debloating » sur Windows 11, et comment un outil peut-il le faire dès la création d’une clé d’installation ?

Le debloating consiste à empêcher l’installation (ou le rétablissement) de certaines applications préinstallées et services jugés non essentiels. Techniquement, cela passe souvent par des paramètres d’installation (réponses « unattended »), des scripts de post-installation ou des réglages appliqués à l’image/au support pour que certains composants ne soient pas provisionnés au premier démarrage. L’intérêt de le faire dès la création du support est d’éviter une suppression manuelle après coup, et de réduire l’encombrement dès la première session. Il faut garder en tête que certaines apps « système » sont liées à l’écosystème Windows et peuvent être réintroduites par des mises à jour ou des politiques d’entreprise selon les cas.

Qu’appelle-t-on une installation silencieuse (unattended) de Windows 11, et quels sont les principaux risques ?

Une installation silencieuse automatise l’assistant d’installation en fournissant à l’avance les choix habituellement saisis à l’écran (disque cible, région, compte, options, etc.). Concrètement, cela repose sur un fichier de réponses (unattend) et/ou des mécanismes de déploiement qui enchaînent les étapes sans intervention. Le gain est surtout visible sur des installations répétées, des parcs de machines, ou des tests, où la standardisation fait gagner du temps. Le principal risque est le mauvais ciblage du disque (écrasement de données) si la règle choisit « le premier disque disponible » sans vérification. Il faut aussi anticiper les implications sécurité et conformité (création de compte local, paramètres de confidentialité, chiffrement) qui peuvent être activés ou non par défaut.

À quoi servent l’ESP (EFI System Partition) et les images UEFI El Torito dans un support d’installation, et pourquoi certains Linux posent problème ?

L’ESP est une petite partition en FAT32 utilisée par l’UEFI pour stocker les chargeurs de démarrage et fichiers nécessaires au boot (par exemple un gestionnaire de démarrage). El Torito est une spécification historique des CD/DVD bootables ; côté UEFI, certaines ISO embarquent une image de démarrage que les outils doivent savoir extraire et reproduire correctement sur une clé USB. Quand une distribution ne respecte pas les conventions EFI courantes (chemins attendus, structure de l’ESP, noms de fichiers), certains firmwares UEFI et certains créateurs de médias peuvent échouer à démarrer. Les ajustements côté outil consistent alors à mieux détecter ces structures « atypiques » et à placer les fichiers au bon endroit pour maximiser la compatibilité. Cela devient particulièrement pertinent pour des dérivés Linux orientés gaming ou OEM, qui adaptent parfois la chaîne de démarrage.